Retour aux Nordiques Virtuels

Québec, 25 avril 2006

Émeute au centre-ville
LES NORDIQUES CHAMPIONS : PONTIAK DOUBLE HÉROS

Le scénario hollywoodien le plus improbable s'est produit hier au Moosehead Center de Halifax : les Nordiques ont remporté la coupe de la confédération, en prolongation, grâce à un but de leur gardien, l'Ukrainien Vladislav Pontiak.

Alors qu'environ dix minutes étaient écoulées dans la première période de prolongation dominée outrageusement par les Scarecrows de Saskatoon (13 -2 dans les tirs aux buts), une légère escarmouche a impliqué Raydon Mourk et Bob Fassaklak dans un coin, pendant que le jeu se poursuivait. L'arbitre a levé le bras alors que Fassaklak tombait sur la glace. Tous croyaient que Mourk était puni et le gardien des Scarecrows, Howell Theodore, a quitté son filet pour faire place à un sixième attaquant.

Mais surprise, le disque libre se rend jusqu'à Pontiak et l'arbitre ne siffle pas. L'Ukrainien laisse tomber sa mitaine et dégaine la rondelle en direction du territoire de Saskatoon. Théodore tente de revenir sur ses pas, fait une glissade, étend le bâton et effleure le palais ; juste assez pour le faire dévier dans le but. Aux dernières nouvelles, il serait encore incrusté dans la patinoire, n'osant pas se relever après sa bévue monumentale.

Du côté des Nordiques, la réaction s'est faite à retardement, personne n'y croyait. Puis, tous les joueurs ont envahi la surface glacée pour sauter sur Pontiak. " Cet empilage m'a rappelé mon jeune temps, à l'école, a raconté Pontiak après la rencontre. Au collège de Brask, à la récréation, le directeur grimpait au balcon et lançait, au milieu de la cour, un sac remplit de pelures de patates. Tous les élèves se jetaient sur ce sac de friandises. Le gagnant pouvait le ramener à la maison et ainsi sa famille avait de quoi subsister pendant une semaine. "

Nous avons ensuite retrouvé, en larmes, l'entraîneur des Nordiques, Michel Woods : " La stratégie était simple en prolongation. Je voulais que les gars scorent. Je leur ai dit : les gars, si vous scorez, on va gagner. On peut constater que la stratégie a fonctionné. On a scoré et on a gagné. "

Le directeur général, Fafar Laundry, se réjouissait de la victoire, mais regrettait que la partie n'ait pas eu lieu au Québec : " C'est peut-être une ligue canadienne, mais je ne comprends pas pourquoi on a tenu ce match en Nouvelle-Écosse. C'est une attaque à la nation québécoise. En plus, on a pas pu installer notre pavoisement à proximité de l'aréna. Si on avait notre propre ligue, on pourrait enfin avoir le contrôle sur notre destinée. Avec des villes comme Montréal, Gaspé, Trois-Rivières, Montréal, Val-dor, Honquière, Montréal et Shawini… euh non, pas celle-là, le peuple québécois serait capable de posséder sa propre ligue, que je contrôlerais, que je guiderais vers la terre promise, que je transporterais aux confins de la souveraineté du succès…" Aux dernières nouvelles, il serait encore dans la chambre des joueurs, essayant de convaincre le concierge de ses idéaux.


Le quartier des hautes technologies écope

À Québec, la joie et l'allégresse se sont emparées de la ville, l'euphorie descendant comme un nuage de fumée sur la foule massée sur le boulevard René-Lévesque. On sait que le match était diffusé sur écran géant au parc de l'Amérique-française.

Le public était fou de joie : les bouteilles revolaient partout, les tam-tams résonnaient, les barricades de l'amour étaient ouvertes. Cette allégresse s'est poursuivie jusqu'aux petites heures du matin quand les choses se sont quelques peu gâtées.

Des partisans des Scarecrows venus spécialement de l'Ouest pour faire du saccage sont descendus dans le quartier des hautes technologies, l'ancien quartier Saint-Roch, et ont brisé les vitrines de nombreux commerces. Ils ont également allumé des feux, brûlant des effigies de Jérôme Jargor, qu'ils voient comme un étranger voleur de job anti-syndicaliste carnivore consommateur de pétrole, exploiteur des enfants. Ces partisans qu'on surnomme les Black Jason portent chacun un masque de gardien de but, effigie des Scarecrows.

La police a réussi à ramener le calme, mais dans le tumulte, elle a arrêté des innocents, comme Jean Balcon, universitaire chevronné, qui s'est retrouvé au centre-ville après s'être perdu en voulant se rendre de la Cage aux sports de place Laurier au Beaugarte.

"Ça n'a pas de mon sens, a-t-il déclaré de sa cellule à Orsainville. Je suis un paisible piéton au volant de ma voiture, quand des policiers armés jusqu'au sang m'ont agrippé par le cuir chevalin et m'ont transporté comme une traînée de poudre jusqu'à un panier à malades. Ensuite, ils ont procédé à une fouille à nu après m'avoir déshabillé et enlevé tous mes vêtements. C'est humiliant, surtout que le dernier homme qui m'avait vu nu était ma mère. J'ai insisté pour garder mes bas, ultime supplice du condamné qui m'a été refusé. Je vais porter plainte à la Ligue des rois et libertins pour qu'on punisse tous les gardiens de prison. "

Jargor + Kim

La première saison extraordinaire de la confédération canadienne de hockey ne pouvait se terminer sans une conclusion heureuse dans les tribulations entourant les deux Thaïlandais les plus célèbres de Québec.

Ainsi, dans l'avion qui ramenait l'équipe à Québec, le Grand Mârion a procédé à l'union des destinés de Jérôme Jargor et de la séduisante Kim. Pour l'occasion, le 747 avait été décoré à la mode du Siam. Les époux étaient à bord à dos d'éléphant tandis que des pandas mâchouillaient tranquillement la robe de mariée en feuilles de bambou de la séduisante Kim pour lui enlever le superflus de toute bonne nuit de noce. Malheureusement, la cérémonie a été trop courte pour que ces paisibles nounours terminent leur travail devant nous.

Le Grand gourou a procédé au sacrifice rituel du pilote, qui croyait avoir été appelé pour officier le mariage. Son sang a été mélangé à du lait de coco pour être servi ensuite aux convives. Dans un moment tendre et touchant, Jérôme Jargor s'est retourné en souriant vers ses coéquipiers, tenant la douce main satinée de sa nouvelle moitié et leur a adressé ces mots, en thaïlandais, : "Siyan a incriss ki saproch del, jlui pete la yeul. "

Nous remercions personnellement tous ceux et celles qui ont partagé avec nous la première saison des aventures des Nordiques dans l'Association canadienne de hockey professionnel. L'an prochain, l'expansion nous amènera deux nouvelles équipes, Laval et Edmonton, et de nouveaux joueurs, dont probablement Siron Carré, Paris Hélas et Lux Boustifaille. Des reportages seront publiés pendant la saison morte sur le repêchage et les mouvements de personnel.

Bon été,

Le concepteur, Daniel Moisan
et L'auteur, François Moisan

 

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