Retour aux Nordiques Virtuels

Québec, 19 avril 2006

Avec les Nordiques
LA PROLONGATION A BIEN MEILLEUR GOÛT

Le Colisée de Québec s'est transformé, hier, en un red light sportif avec la victoire des Nordiques 2-1 en prolongation. Telle une bande de filles de madame Claude, les joueurs des deux équipes ont mis la main à la pâte pour procurer toutes sortes de frissons et d'émotions à la foule massée dans l'amphithéâtre. Imaginatifs dans les jeux de positions, variant le rythme des poussées offensives, généreux dans les contacts physiques, les Generals et les Nordiques ont fait durcir le suspens jusqu'à son apogée, à 6:09 de la fin de la troisième période de temps supplémentaire.

On sentait que les joueurs étaient capables d'en donner. Une fois, deux fois, trois fois, chacun y allait d'un exploit à chaque présence, comme un jeune homme à qui sa blonde soumet sa surface de jeu pour la première fois. Et n'eut été de la fatigue, ils auraient recommencé, encore et encore, pour satisfaire, jusqu'à la dernière goutte, la soif de volupté des spectateurs.

C'est Raydon Mourk, le capitaine de l'équipe, qui a marqué le but vainqueur, au moment même où sa femme Linda accouchait de jumeaux dans la loge privée de la compagnie Bennethon. "C'est pour ça que ça ne nous a pas surpris qu'il y en ait un de noir et un de blanc", a déclaré l'heureux papa de sept enfants maintenant. On sait que Linda a déjà donné naissance à un asiatique, un cosaque et une amérindienne. "Comme quoi la mondialisation nous touche plus qu'on ne le pense", a ajouté Mourk.

Pour revenir au match, il est important de souligner la performance exceptionnelle des deux gardiens : au total, pas moins de 144 lancers ont été bloqués. Seuls Nicolas Lipton, pour les Nordiques, et Mark Sourdin, pour les Generals, ont réussi à marquer en temps réglementaire.

L'universitaire Jean Balcon, était tout ébouriffé après la rencontre, la cravate détachée, les cheveux en bataille et des graffignes dans le dos. Essoufflé, il nous a fait part de ses commentaires : " Après une partouse comme celle-là, je fais comme Garou, je vis ma vie comme une gitane, une pof à la fois. Les Generals croyaient être en bonne posture, mais qui tire la chasse perd sa chiasse. Ils ont prouvé qu'à Lake Placid nul n'est velu. Vladislav Pontiak était indéjouable hier, solide comme un socle, fort comme un œuf, infranchissable comme la murène de Chypre, indispensable comme le Yéti dans la trame dramatique de Tintin et les Picaros. "

Dans le vestiaire des Generals, on criait au scandale en raison de l'absence de leur superstar, le souriceau Fievel Mure. On sait que celui-ci avait dû rester une journée de plus à Hamilton pour des traitements aux oreilles. Lorsqu'il est arrivé à Québec ce matin, il est descendu d'avion en même temps que le président des Etats-Unis qui venait assister au Sommet de Dante présenté dans la capitale cette semaine. Alors qu'il faisait la file aux douanes derrière (ce mot sied bien à Bush) le président américain, Mure a dit à la personne qui l'accompagnait qu'il avait déjà été en vacances à Cuba. Douze agents de sécurité l'ont alors empoigné, tabassé, écartelé, poivré, avant de le faire monter dans une voiture fantôme vers une destination inconnue. Nous n'avons pas eu de nouvelles depuis ce temps.

" Que voulez-vous, a commenté Johny Christian, le chef de la sécurité rapprochée du président. On peut pas reprocher à des hommes de loi de faire leur travail. Qu'ils utilisent du poivre, qu'ils demandent à des juges de détruire des preuves, qu'ils financent leurs amis, si tout se fait sans qu'on puisse prouver quoi que ce soit, il n'y en a pas de problèmes. Prenez-moi, par exemple, quand j'étais petit, j'ai volé les bâtons de golf de ma grand-mère. Personne ne peut le prouver. Je ne suis donc pas coupable."

Cet incident ne doit rien enlever à la victoire des Nordiques, selon Michel Woods : " Souriceau pas souriceau, on est meilleur qu'eux autres, a-t-il dit. Les gars étaient prêts pour les séries. Quand la prolongation a débuté, je leur ai dit qu'il fallait absolument marquer le prochain but, sinon la pente serait dure à remonter. Il était temps que ça finisse, j'avais plus de gomme. "

L'autre demi-finale

Dans l'autre rencontre, le pointage fut également très serré, et les Scarecrows de Saskatoon ont causé toute une surprise en surprenant les Jets de Winnipeg par la marque de 3-2.

À cause du décalage horaire, nous n'avons pas plus de détail sur cette rencontre, sinon que l'hymne national a été interprété avec brio par la nouvelle star country de l'ouest canadien, Johanne Blouin, qui, on le sait, s'est recyclée dans ce nouveau répertoire après son échec dans le jazz.

La finale de la ligue opposera donc les Nordiques au Scarecrows, la semaine prochaine, au Moosehead center de Halifax.

 

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