Québec, 14 décembre 2005
L'effet Mârion
Jargor explose et les Nordiques
l'emportent

Les Nordiques ont fait les choses en grand,
hier, devant leurs partisans, l'emportant facilement 7-2
devant les co-leaders de l'Association, les Moby Dick de
Hartford.
Les partisans des Nordiques attendaient cette rencontre armés de briques et de fanaux : les six défaites consécutives ranimaient des souvenirs douloureux chez les partisans de 30 ans et plus qui avaient connu les années de misère des Nordiques de l'ancien temps. Une station de radio avait même actualisé sa version d'une chanson de Hi Ha Tremblay ridiculisant l'équipe.
Sur la glace, les Bleus ont prouvé hors de tout doute que la belle performance (malgré la défaite) du dernier match n'était pas éphémère puisqu'ils ont littéralement harponné les Moby Dick grâce à 4 buts de Jargor et à un chacun pour Wake, Boenick et Mourk. Dans les filets, Pontiak a été égal à lui-même, chiche comme un boucher ukrainien. Il n'a cédé que dans la dernière minute de jeu, sur un tir de loin de Rodano qui a compté pour deux buts. Difficile de garder sa concentration quand on mène par sept buts.
" Je suis fier de mes gars, a expliqué l'entraîneur Michel Woods, J'avais élaboré une stratégie digne des plus beaux combats de Napoléon : on réussit nos passes, on fait des mises en échec, on lance au filet et on essaie de compter plus de buts qu'eux autres. Les boys ont compris le message. Ils ont suivi mes consignes à la lettre et regardez le résultat." Quel grand stratège!
Mârion le mirifique
Un seul nom animait toutes les lèvres après la performance extraordinaire de Jérôme Jargor : Mârion le mirifique. On sait que le grand gourou, qui a transmis toute sa science à la vedette de l'équipe, était de retour à Québec la semaine dernière après une absence de presque deux mois. Les effets de sa présence se sont fait sentir : mis à part l'encens qui brûle en permanence devant son casier, on a remarqué que Jargor semblait concentré. Il patinait à toute allure, agile et fringant comme l'huile qui chauffe dans un wok. Certains ont même soupçonné une forme de lévitation dans sa technique de patinage, qui diminue la friction entre ses lames et la glace.
Cette technique, développée par Mârion, est bien sûr contestée par les experts et universitaires de tout acabit, comme le célèbre Jean Pron : " Il faut rester dans le monde des réels, dit-il. Il n'a pas été prouvé qu'il est possible de lévitationner dans les airs comme les anges dans nos montagnes. Comme on dit, il faut garder les pieds sur glace, sinon on finit les quatre fesses en l'air. Les religions étrangères peuvent faire bien des miracles, mais pas rendre aussi fort que Swanson, donner la mémoire de l'homme-éléphant ou bien faire tonner les éclairs comme Thor. Il y a des limites que je ne peux parcourir dans les explications que je veux bien vous donner. Tout ce que j'ai le goût d'ouï dire à ces charlatans, c'est V'là des rétros, Santana ".
Mais, parmi les scribes, il y avait peu de
sceptiques sur les talents d'entraîneur du
mirifique Mârion. Le régime imposé
à Jargor porte fruits : finies les sorties au
Dragobert, une relation exclusivement professionnelle
avec sa traductrice, des exercices de patinages à
cinq heures du matin et après le coucher du
soleil, sauf les jours de parties, et le sacrifice rituel
d'un opossum les jours de pleine lune. Comme il n'y a pas
de ces petites bêtes au Québec, un Pikachu
fait l'affaire. " Comme ça, on rend service
à la société en plus d'accomplir les
rites nécessaires ", a expliqué le grand
Gourou, entre deux bonds.
Le classement se resserre
Avec les résultats d'hier, le classement s'est encore resserré puisque les deux équipes de tête ont perdu contre les deux équipes de queue. Tout comme les Nordiques, l'Iceberg de St.John's a vaincu les Generals d'Hamilton par la marque de 6-3, guidé en attaque par le coloré rouquin, Rod Flake, qui a réalisé un tour du chapeau. On sait que son frère Korn est décédé la semaine dernière à l'heure du déjeuner. " Je dédie cette performance à mon frère qui m'a toujours encouragé, malgré sa maladie qui le faisait ramollir, a commenté Flake. Je prends cette triste nouvelle comme un chant du coq au lieu d'un chant du cygne ". On sait que l'autre frère de Rod, Tony, surnommé le Tigre, est également atteint de cette terrible maladie.
Dans l'autre rencontre, Waleri Mure a guidé les Scarecrows a une victoire de 5-2 contre des Jets à court de carburant avec un tour du chapeau.
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